Les dames d’abord.
Juliette Desmarchelier est luthier.
Elle est entrée à l’école de lutherie de Mirecourt, la seule école française, à l’âge de 14 ans après une formation musicale au conservatoire de Douai. Aujourd’hui, elle assure l’entretien des violons, altos et violoncelles que lui confient les musiciens. L’essentiel de son travail consiste à réparer restaurer et régler les instruments du quatuor. De par sa formation initiale, Juliette est crée aussi des instruments, soit un mois de travail par création en moyenne.

Les instruments ont une durée de vie très longue et il est courant de jouer avec des violons du 18ème siècle, par exemple. « D’ailleurs », ajoute Juliette, « l’instrument se bonifie avec le temps, il vibre à l’unisson de son propriétaire ». Elle sait de quoi elle parle puisqu’elle joue de l’alto, et ajoute que « le violon est un instrument magnifique et parfois capricieux ». D’où cette recherche du luthier pour former le couple idéal musicien / instrument. Yannick Le Canu est archetier, c’est une profession rare car ils ne sont environ que soixante en France. Pour se faire connaître, il participe à de nombreux concours internationaux : Paris (deux médailles d’argent et prix spécial de la création contemporaine), Cincinatti, Londres et Portland (médaille d’Or) en 2004.

Les concours permettent d’être connu au delà des frontières et grâce à cela, il exporte sa production d’archets aux Etats-Unis, en Angleterre, en Finlande, en Belgique, etc. Sans oublier des clients plus régionaux comme l’Orchestre national de Lille, l’orchestre de Douai, les conservatoires et les écoles de musique.

 

Un archet nécessite une bonne semaine de travail et répond à des contraintes précises, il est fait entièrement à la main et pèse en général de 60 à 62 grammes pour un archet de violon. Parfois il est rehaussé de métaux précieux comme l’or ou l’argent. Yannick produit et entretient des archets de violon, alto, violoncelle et contrebasse.

L’exercice de ce métier nécessite un relationnel très fort tant la complicité entre le musicien, l’archetier et le luthier est marquée. Il faudrait même ajouter l’instrument à ce trio afin de boucler le quatuor ! Cette confiance mutuelle se vérifie pendant l’interview alors qu’un musicien dépose son archet, discute un peu et s’en va sans autre formalité.

L’idée de s’installer à Lille s’explique en partie par la vie musicale chère à notre région et aussi par la proximité avec Londres, Bruxelles et Paris, très facilement atteignables par le train. Le premier contact avec la Chambre de métiers et de l’artisanat fut avec l’antenne de Douai, « parce que je suis Douaisienne », explique Juliette. Les premiers conseils sont donnés sur place avant de diriger les deux candidats à la création vers les services lillois puisque l’atelier y sera situé. La collaboration avec la Chambre se poursuit en étudiant notamment la viabilité économique et le plan de charges car l’activité dans ce métier peut être fluctuante. Ils ont aussi beaucoup questionné les conseillers économiques sur le meilleur statut à adopter pour se mettre à leur compte. Cependant, Juliette et Yannick ne se lancent pas totalement dans l’inconnu car ils avaient déjà des clients et des commandes avant de s’installer.



« Nous avons quitté l’atelier toulousain dans lequel nous travaillions auparavant en pleine entente avec nos anciens collègues et sommes arrivés à Lille en prenant contact avec nos confrères lillois. Cette démarche nous tient à cœur et nous permet d ‘échanger davantage dans notre petite corporation » commente Yannick.

Contact : 10, place aux Bleuets – 59800 Lille
Tél / Fax : 03 20 42 96 88